Ou comment La Garçonnière a réutilisé une partie de l’aménagement intérieur d’une usine belge du 19ème siècle pour sa décoration.

Depuis l’ouverture définitive de La Garçonnière, il y a désormais un an et demi, vous avez été nombreux à nous demander d’où venaient l’inspiration et les matériaux de notre décoration intérieure, les plus attentifs ayant notamment remarqué l’abondance de mobilier industriel utilisé dans la boutique. Bien vu ! De la balance qui vous donne 10 kilos de moins dans la cabine d’essayage jusqu’aux plateaux présentant les cravates, en passant par le parquet de la verrière, une bonne partie de notre aménagement a été récupéré dans une usine fondée au 19ème siècle, à l’histoire représentative de l’industrie textile : la société Vanoutryve. Une entreprise créée en 1860, et considérée au 19eme siècle comme la plus grande unité de production de tissu au monde, répartie en quatre sites, de Roubaix à Mouscron.

C’est de cette dernière ville, située à l’extrême sud de la Belgique, en frontière de Tourcoing, que provient le mobilier de la Garçonnière. Un site de 35 000 mètres carré, installé idéalement en face de la gare, et accueillant à sa grande époque jusqu’à 1200 employés sur les 6500 que compte le groupe. Au début du XXe siècle, les créations de la maison sont multiples, et déclinées en de nombreuses collections : toiles de lin, velours de coton, de lin, de soie, jacquards résistants qui finiront en rideaux, sur des fauteuils ou en tentures murales dans les grands hôtels, les palaces, les châteaux, les paquebots, et les trains. C’est une grande époque pour la décoration intérieure, avec les premiers décorateurs de renommée mondiale installés entre Paris et New York, qui alimentent une clientèle allant jusqu’à l’Amérique du sud. Les expositions universelles sont alors l’événement majeur pour tout le secteur, et Vanoutryve y présente ses collections.

Après la seconde guerre mondiale, la mondialisation pousse les délocalisations, et l’industrie textile entame une course au prix le plus bas, qui se traduit par la fermeture de nombreuses unités de production en Europe. C’est notamment le cas en France, et le Nord souffre particulièrement, comme la région de Saint Etienne. Le synthétique remplace les matières nobles, et la grande consommation fait désormais peu de cas du savoir-faire français, et de tissus qui peuvent durer jusqu’à 30 ans. La production fuit la France, et s’installe en Tunisie et au Maroc, en Turquie, puis en Inde et en Chine.

En 2013, une famille de tisserands de Charlieu, dans la région lyonnaise, qui travaille avec Vanoutryve depuis des décennies, rachète la société, bien décidé à ne pas laisser s’éteindre un savoir-faire centenaire, et à préserver les archives de la société. Venu en renfort de son oncle qui s’attaque à ce vaste projet, l’un des fondateurs de la Garçonnière découvre avec émotion les lieux où son grand père venait une fois par mois lorsque l’usine était encore à plein régime, de l’hôtel ou il séjournait aux archives fantastiques de la société, en passant par des centaines d’objets superbes, témoignages des grandes heures de l’histoire industrielle européenne. Bientôt promise à un déménagement hors de ses locaux trop grands, Vanoutryve doit justement se séparer d’une grande partie de ce mobilier, au moment même où La Garçonnière s’installe définitivement à Paris.

Ni une ni deux, toute l’équipe se réunit avec son architecte d’intérieur, Sabrina Julien du studio Beau Faire, afin de voir comment intégrer ces pièces remarquables au projet de décoration de la boutique.  Parmi celles-ci : Une balance, un établi, des meubles de quincaillerie, des volumes en bois, en fer, des tabourets d’ouvriers, des estrades en bois, des placards de la forge.

Autant d’éléments intégrés qui donnent un supplément d’âme à la boutique et une seconde vie à des objets témoins de l’histoire de l’industrie textile Franco-Belge… En plus d’incarner une émouvante continuité familiale pour l’un d’entre nous.

Toutes ces pièces trônent désormais au sein de La Garçonnière, au 40 rue des petits carreaux… c’est-à-dire à 300 mètres du 32 rue du sentier, où la société Vanoutryve et Cie possèdait autrefois ses locaux commerciaux à Paris !! L’histoire fait parfois des clins d’œil étonnants.

L'épicerie de la boutique, placée sur l'établi et dans de vielles étagères numérotées

Comme un dernier clin d’œil à l’usine Vanoutryve de Mouscron, ainsi qu’à la société Bayard Vanoutryve TADL, La Garçonnière a tenu à photographier les collections estivales au sein de ce superbe espace. Nous tenons à remercier tout particulièrement Laurent Mainaud, dirigeant de la société, pour son hospitalité, Dominique Dubois, ingénieur à la retraite qui nous a accueilli, ainsi que les marques suivantes pour leur confiance :

BARBE N BLUESVEJA, LA SAPE, QWSTION, THE FARADAY PROJECT, ROYALTIES, JAGVI, MISMO, ARMOR LUX, NEWSTALK, APTO, ONCLE PAPE, LOOM, LE PANTALON, IZIPIZI, RAINS, JUCH, LESCA, SNS HERNING, BENJAMIN DEREGARD, SIX ET SEPT, TRIWA, BILLYBELT, PIOLA, MEILLEUR AMI, CLAE, BÉTON CIRÉ, ARMOGAN, FRANÇOIS LA MANILLE, KAPTEN AND SON, BOBBIES, ANTE MERIDIEM, OFFICE ARTIST

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