titre bourgoin cognac
Entre Angoulême et Jarnac, au cœur des vignes, la famille Bourgoin produit un Cognac nature avec son propre raisin. L’occasion de redécouvrir un produit parfois galvaudé par le marketing : Un Cognac, certes, mais un Cognac de vignerons.

Entrepreneurs dans l’âme, les membres de l’équipe de La Garçonnière n’ont jamais rechigné à se lever tôt. Mais il y a des limites à l’exercice, et bien peu sont ceux qui peuvent se vanter de nous avoir fait prendre un train à 6h du matin. Et pourtant, lorsque Maelys Bourgoin nous a proposé il y a quelques semaines de venir visiter le domaine familial de Cognac, il n’y a pas eu une seconde d’hésitation. D’abord parce que ce produit d’exception fait un carton en boutique, et qu’il était temps d’aller découvrir de plus près son mode de production. Mais surtout parce que nous sommes les premiers conquis.

Avant de découvrir Bourgoin, pour nous le Cognac, c’était surtout un truc sucré vendu dans des bouteilles plaquées or pour les milliardaires chinois et les princes du hip hop. Un signe extérieur de richesse pas toujours de très bon goût, dans tous les sens du terme. Et puis on a goûté la production amenée un jour en boutique par la benjamine de la famille, et le coup de cœur s’est imposé : il y avait quelque chose de différent dans cette bouteille, avec lequel on s’aventurait sur des terres plus masculines, pour des palais d’amateur de scotchs ou d’Armagnac.

Pas besoin de nous vendre le produit - ce que fait pourtant très bien Maelys avec une énergie débordante - on était déjà convaincus.

ls vignes du domaine Bourgoin cognac
arrivée et accueil de Maelys Bourgoin, puis dégustation du premier cognac

Un lundi matin d’automne, nous voici donc sur le départ, appareils photos en bandoulière et cernes jusqu’en bas des joues. Il est 6h du matin, et nous cherchons le train pour Angoulême. À l’arrivée, après huit litres de café et la découverte de l’obélisque hommage au créateur d'Astérix à la sortie de la gare (Angoulême est quand même la capitale française de la BD), nous retrouvons Maelys sur le parking. Direction Saint Saturnin, pour découvrir une production familiale vraiment pas comme les autres, projet monté par Frédéric Bourgoin il y a quelques années, assisté par sa sœur pour la commercialisation et la communication. Les parents et le grand-père sont toujours présents eux aussi sur le domaine, cultivant un vignoble constitué en 1930. Une partie de la production part chez les grandes maisons, qui assemblent depuis toujours leur Cognac avec différentes parcelles. L’autre est désormais vendue en propre, avec le pari de faire un Cognac de vigneron. Une démarche plutôt rare dans un large vignoble qui s’étend de la Dordogne aux Deux-Sèvres, en passant par la Charente et les Charentes maritimes, et recouvrant des sols très différents. Ceux-ci sont d’ailleurs divisés en plusieurs appellations : Grande Champagne, Petite Champagne, Borderies, Fins Bois, Bons Bois, Bois Ordinaires. Histoire de continuer à ne rien faire comme tout le monde, Bourgoin se revendique lui majoritairement des Premiers Bois, un terroir à part, mais qui a été englobé dans l’appellation de ses voisins lors d’un remodelage de la carte en 1909.

le cépage de vignes servant à la production du cognac Bourgoin
une bouteille de cognac hors du temps et hors du commun
pendant la dégustation
DÉGUSTATION EN BOUTIQUE : SAMEDI 25 NOVEMBRE

Parce que le meilleur moyen de vous convaincre, c'est encore de le goûter !

background-color:#F8F8F8; padding:30px;

C’est le moment de commencer la visite. Les chais d’abord, répartis sur tout le domaine, et où vieillissent les eaux de vie dans de vénérables tonneaux, puis les vignes, superbes dans leur habit automnal, et enfin le cœur du sujet : les alambics, dans un atelier de distillation où sont conservés ceux du grand père, du père, et ceux utilisés aujourd’hui. Le processus est simple : des eaux de vie distillées, réduites à l’eau de pluie, et puis c’est tout. Pas d’assemblage, pas de merdes colorantes type E5483403X, pas de sucres. Le produit, rien que le produit.

Pour autant, pas question d’imaginer un alcool de grand père qui arrache les tripes, fruit du délire de bobos de la vigne : à la dégustation les équilibres sont là, le goût est fabuleux. Mention spéciale à la Micro Barrique, un cognac vieilli dans des petits fûts, préparé avec une chauffe (ou « bousinage ») crocodile. Une technique inventée pour les bourbons, consistant à brûler un peu l’intérieur de la barrique avant utilisation, augmentant ainsi les échanges entre le bois et le liquide. Du grand art.

Après quelques dégustations de Cognac et de Pineau des Charentes, une spécialité locale à base de Cognac et de jus de raisin, il est temps de passer à table. L’occasion de passer un peu de temps avec le reste de la famille, et de découvrir les parents. Des producteurs de Cognac depuis toujours, qui nous racontent la vie du domaine. Les années dures et les autres, le gel qui peut supprimer 70% d’une récolte, les règlements qui imposent l’installation des chais en dehors des villages, les très longues années 90, avant de voir le retour à la mode du Cognac dans la première décennie des années 2000… Et puis l’évolution du métier, les différences entre les générations, là comme partout où la production agricole fait vivre les populations. Dubitatifs, les aînés voient parfois d’un regard mi- amusé mi- agacé les innovations écolos des plus jeunes, et leurs prédisent les pires difficultés dans leur volonté de s’éloigner des herbicides chimiques. C’est pourtant le choix de Fréderic Bourgoin, qui entend bien revenir à une viticulture proche de la terre, dans un équilibre revendiqué entre le produit, la terre et les hommes. Une démarche saluée par les amateurs, et par les clients de la Garçonnière

La gamme Bourgoin Cognac.

Fine Pale. Un jeune cognac, brut de fût roux, pensé et conçu pour les pros de la mixologie. Avec un degré d’alcool à 62.5%, on en fait effectivement plus des cocktails que des cul sec !

Verseau. Verseau Cognac est un cognac de 5 ans d’âge de 43%. Pensé lui aussi pour la mixologie, mais plus facile à utiliser pour les amateurs, grâce à un degré d’alcool moins stratosphérique.

Micro Barrique. La Rolls de Bourgoin. Un cognac millésimé 1994 dont l’élevage est parachevé par une finition en micro-barrique de 10 litres au bousinage crocodile (55 secondes flamme touchante). Nez et bouche sur les arômes tropicaux : vanille bourbon, fraise confiturée, ananas rôti, mangue surmaturée.

Pineau. La version made in Bourgoin du plus Charentais des apéritifs.

Il y a pire comme contexte pour une dégustation
Valentin est content, il va déguster du Cognac
Invités avec gentillesse dans la maison de la famille Bourgoin, Valentin et Gaspard y passeront un superbe moment
La carte des crus de Cognac

Comme pour les vins, le Cognac a ses crus, ses régions, et tout ça c'est beaucoup plus facile de le voir sur une carte !