­Le 9 Mars ouvrira la nouvelle Garçonnière, au 34 cours d’Alsace-et-Lorraine, à Bordeaux. Un nouvel espace désigné par Sabrina Julien, l’architecte d’intérieur qui nous accompagne depuis nos débuts, ou presque. Retour sur la naissance d’un concept, côté décoration cette fois ci, et découverte du local de Bordeaux….

À l’automne 2014, nous avions conçu la première Garçonnière comme un pop-up. C’est-à-dire que nous n’avions rien conçu du tout, tout du moins en termes de design. Joyeux bordel, l’espace de 80 m2 accueillait tout ce que les différentes marques présentes pouvaient se permettre d’apporter. Des bureaux trouvés par ci par là, des patères à 5€ pour accrocher des chapeaux, un livre sur Brassens comme merchandising pour les produits de soin de moustache…. Chacun avait débarqué avec ses affaires, et nous avions fait le tour de Paris en camionnette pour réunir les stocks. L’année suivante, le second pop-up réussi à l’automne 2015 nous amena à l’ouverture définitive, pour Mars 2016. Et forcément, la question de la décoration se posa… Devions nous la faire nous-même ? Trouver quelqu’un pour cela ? Pas simple lorsque vous avez une vision à la fois très précise de l’atmosphère que vous recherchez, et peu d’idées des moyens à mettre en œuvre pour y arriver.

visuel 3D archi

Il fallait que l’espace soit à la fois beau et simple, chaleureux mais pas pesant, et surtout qu’il présente des corners à l’atmosphère très différente, mais tout de mêmes unis dans un même parcours client. Le casse-tête… « Je pense que c’était très nouveau pour vous, et qu’il y avait beaucoup d’idées parfois contradictoires, du type faire un meuble à la fois bibliothèque, plutôt élégant, classique, mais très modulable. », se souvient Sabrina, fondatrice du Studio Beau Faire qui nous accompagne depuis mars 2015. À l’époque, ayant entendu parler de la boutique par une cousine, amie de la copine d’un membre de l’équipe, celle-ci pousse la porte et propose ses services. Une démarche appréciée par les six fondateurs de La Garçonnière. « C’était hyper spontané, je venais à peine de faire mon site, explique l’architecte. C’est peut-être ça qui a joué en ma faveur. L’aventure commençait pour vous, elle commençait à peine pour moi aussi, il y avait un petit côté bande d’entrepreneurs. »

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Le Studio beau Faire

Formée à l’école Boulle, Sabrina Julien a débuté sa carrière à Nantes, avant de rejoindre le groupe Gérard Darel afin de refaire leurs boutiques. Spécialisée dans le retail, mais aussi passionnée par le résidentiel privé, elle lance son studio en 2015 avec un œil professionnel, mais plein d’humilité, laissant s’exprimer la beauté des matières brutes. Son rêve désormais ? Designer un restaurant. Avis aux amateurs…
Contact : studiobeaufaire@gmail.com

De fait, après quelques tâtonnements, le concept est bientôt trouvé, grâce à une alliance entre des matériaux bruts, et du mobilier industriel chiné dans une usine de tisserands du 19e siècle, juste de l’autre côté de la frontière belge, dont on vous a déjà parlé. La vision de Sabrina vient rejoindre celle de l’équipe, dans une épure qui sait mettre en valeur le produit sans tomber dans le minimalisme « Je travaille dans la simplicité, je ne vais pas chercher des choses trop compliquées, appuie-elle. J’aime quand les choses sont vraies, les matières naturelles, le minéral, le bois, le chêne en particulier. » Une recherche d’authenticité qui correspond parfaitement au projet : « Je déteste toutes ces matières comme le carrelage imitation bois. Je ne comprends pas : soit c’est du carrelage, soit c’est du bois. J’aime travailler les matières pour ce qu’elles sont. » Arrivées de Belgique, les pièces de mobilier industriel viennent rapidement embellir l’ensemble, sous les yeux ravis de l’architecte « Le mobilier industriel c’est super, votre concept c’est ça aussi en fait, c’est un mix de plein de marques, de plein d’univers différents. J’étais jalouse quand j’ai entendu parler de votre usine, je me disais mais c’est quoi cette pépite ! J’adore chiner, aller le dimanche aux puces. C’est intéressant, ça rapporte un peu d’histoire. C’est important dans une boutique de raconter un scénario. Le coup de la balance dans le vestiaire, c’est génial ! »

 

Bois brut, pièces vintages, et un bleu Garçonnière qui vient lier les espaces. La recette sera sensiblement la même à Bordeaux, mais l’emballage nouveau : « La différence c’est qu’à Paris on avait toute la pierre apparente à l’intérieur, alors que dans la boutique de Bordeaux la pièce centrale est l’escalier, avec des surfaces plus classiques, et une façade magnifique. » Un espace plus grand aussi, s’étalant sur deux étages et quasiment 300 mètres carrés… Un challenge pour notre architecte : « il a fallu essayer de plus retravailler des zones, une verrière, un vrai travail dans ce sens-là pour recréer un parcours et une atmosphère. La difficulté c’est la diversité de l’offre. Il faut réussir à créer des corners identifiés mais qui se succèdent dans une logique. On se sert de la couleur bleue pour créer le lien par exemple. Comme sur le mur derrière l’escalier, ça va attirer l’œil, donner envie d’aller à l’étage. »

 

Mais l’opportunité de Bordeaux étant arrivée soudainement, et que les bonnes choses prennent toujours du temps, nous avions initialement décidé de vous donner un aperçu de ce qu’est la Garçonnière en mode pop-up pour la saison de Noël, au rez-de-chaussée de la boutique, avant d’entreprendre des travaux plus conséquents et de réouvrir fin février de façon définitive. Finalement, nous lèverons le voile d'un coup, et d'un seul, et ce le 9 mars prochain (nos doigts sont douloureux à force de les croiser). Et du côté de Sabrina ? Quelles sont les prochains projets de notre architecte d’intérieur ? « Il y a autre chose en route pour La Garçonnière il me semble. Il s’agit d’un… » Ah non Sabrina, ça c’est un projet encore secret, ou vous en reparle en Mars.

Notre quartier à Bordeaux

Situé à deux pas de La Garonne et la place Fernand Lafargue, la Garçonnière Bordeaux est surtout face à l’entrée de la place du palais, sur le cours d’Alsace-et-Lorraine (nom qui fait d’ailleurs débat, Google Maps nous le décrit comme ça, les locaux semblent préférer « Cours Alsace-Lorraine »). L’arrêt de tramway du même nom s’arrête d’ailleurs juste devant la boutique. Un coin sublime, plein de petits restos, et dont la perspective donne sur la magnifique porte Cailhau, une merveille d’architecture gothique tardive. Et en parlant d’architecture, attendez de voir la façade de notre immeuble : une construction 19ème avec des têtes de lions sculptées d’une finesse assez rare. Nous ne sommes pas peu fiers de notre choix !

vitrines Garçonnière Bordeaux
34 cours alsace-lorraine Bordeaux
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